Les parrainages : une logique bien déraisonnable ou piège à cons ?


A présent, les jeux sont faits. On connaît le nom des candidats. Sauf surprise, le Conseil constitutionnel validera le Sarkolande – la bipolarisation de la présidentielle pour les initiés – Mais la politique de l’autruche règne en maître incontesté, en dépit du bon sens et des dérives de plus en plus manifestes. Même si quelques uns répètent à l’envi que Marine Le Pen a fait durer le suspens pour assurer son fond de commerce, il n’en demeure pas moins, que « l’impétrante » a plus  « ramé » que son prédécesseur pour récolter le nombre d’or –  les fameuses 500 signatures – . Les pressions sur les élus (validées par les observateurs), le harcèlement, les menaces et le chantage, sans parler des consignes de Élysée et de Solférino, ont rythmé la pré-campagne. Les Le Pen, dorénavant – devenus plus fréquentables grâce à la compassion des électeurs -, ne sont plus les seuls à contester cette tradition. Qui, curieusement, revendique la transparence. Mot bien en vogue quand il s’agit de maintenir « l’establishment ». Christine Boutin, Corinne Lepage sont, elles aussi, montées au créneau, pour dénoncer une imposture. Voire une trahison républicaine. Même si leur démarche masquait une stratégie politicienne : ne pas laisser le terrain démocratique à l’incantatrice de la droite nationale. Illusion.

La saisine des sages, l’hypermédiatisation du scandale n’ont rien changé au trouble. Les parrainages resteront, jusqu’à nouvel ordre, les rampes de lancement du « pacte républicain ». Le malaise est palpable pour qui sait compter. Hervé Morin (un ministre de la Défense dont le nom ne marquera pas l’Histoire), crédité de 0,1% d’intentions de vote, n’a pas multiplié les efforts, ni les marchandages pour recevoir le sacrement. Un coup de téléphone, une semonce dissuaderont l’insurgé de poursuivre le combat, faute de moyens… paraît-il. On croyait que les convictions de Nathalie Arthaud plomberaient un rêve d’adolescent trotskyste. C’est bien méconnaître l’esprit de résistance des maires de France – leur fascination pour Lutte ouvrière, le jeunisme – . A croire que « la révolution », « la lutte des classes », « la dictature du prolétariat », loin d’effaroucher la culture légaliste, galvanisent les promesses de dons. Poursuivons la liste des recalés, le cimetière des éléphants. Jacques Cheminade, énarque condamné par la justice (affaire Pazéry), inconnu du public, refait encore un tour de piste pour satisfaire un ego démesuré. Or tout le monde sait qu’il retombera dans l’oubli, une fois le bal des Tartuffes terminé. Il y a pire encore. Le cas de Villepin est remarquable ! Ce haut fonctionnaire, diplomate, ancien Premier ministre et secrétaire général  de Élysée, après avoir brillé à la tête du Quai d’Orsay et au Conseil de sécurité de L’ONU (le refus de la France de participer à la coalition Bush contre l’Irak en 2003), a été blackboulé par des élus amnésiques… incultes. Des représentants du peuple qui n’ont retenu du gaullisme et de l’intérêt général que les basses besognes. Leur livre de chevet ne serait-il pas Les Tontons flingueurs plutôt que le Contrat social de Rousseau ? Ces parrainages sonnent donc le glas de la démocratie, du mérite, de l’audace.

Le message est limpide. Les portiers préfèrent l’ostracisme, la soumission, à l’ouverture et la représentativité. Les calculs d’épicier, les intérêts de castes, l’emportent sur la logique et – n’ayons pas peur de le dire –  sur une certaine classe dont le courage relève, désormais, d’une autre époque. Le légendaire « connard » proféré par le patron de République Solidaire à l’endroit des élus, raisonne plus que jamais.

Voir la vidéo :

 

This entry was posted in Politique.

Comments are closed.